Dilwale Dulhania Le Jayenge

Dilwale Dulhania Le Jayenge
Acteurs : Shahrukh Khan, Kajol, Amrish Puri
Réalisateur : Aditya Chopra
Année : 1995
Résumé :
Suivant la tradition, une jeune femme de vingt ans d’origine indienne et élevée à Londres, Simran, est promise par son père au fils de son meilleur ami. Avant de rentrer au Punjab pour épouser cet inconnu, elle obtient de son paternel le droit d’enterrer sa vie de jeune fille dans une virée d’un mois de totale débauche en territoire franco-suisse...
Comme presque toujours, les films indiens durent 90’ de trop, pas seulement parce que les numéros dansés et chantés doublent automatiquement l’irréductible (et assez long) métrage présupposément indispensable au bon déroulement du récit (l’ellipse, c’est quand même pas fait pour les Deschiens) ; ces six quarts d’heure de sus sont, après tout, pourquoi pas ? peut-être bien nécessaires à l’arrivée, à l’immersion, à l’installation, à la dînette ou à la causette des spectateurs retardataires dans le rituel d’une séance de cinéma typiquement indienne et, du coup, par conséquent, systématiquement bâclés, plus ou moins librement consentis, sciemment massacrés, en toute connaissance de cause bradés, par les réalisateurs et les producteurs bollywoodiens modernes et post-modernes. Ici, la première partie, celle de l’exposition des faits et, osons le dire, de la problématique, est filandreuse, malgré les deux jolies chansons qui y sont intercalées (Ruk Ja O Dil Deewane, rock dansé par des dizaines de girls en mini-robe rouge, béret basque et bottes noires ; Zara Sa Jhoom, chanson sur le thème de la nuit exquise-nuit câline-nuit d’ivresse) et l’esquisse du leit motiv (du gimmick) musical joué à la... mandoline par le « jeune » Roméo (Raj) qu’interprète dans un style gesticulatoire, débridé, décomplexé l’hyperstar Shahrukh Khan.
Idéologiquement, cette première partie ne convainc pas non plus. On y prône l’ignorance la plus crasse : le père du héros (qui vient de rater son examen, pourtant fastoche, de fin d’études) félicite son rejeton, estimant que celui-ci s’inscrit dans une tradition familiale qui ne l’empêchera pas dormir et de réussir (c’est-à-dire de devenir millionnaire comme lui). On y fait l’éloge d’une jeunesse « dorée », passant son temps à faire la « fête » en picolant entre garçons, en pratiquant les jeux et les activités physiques codifiés par les Britanniques (cf. article sur Les Demoiselles en détresse) : rugby, natation, course à pied, basket-ball, y compris les plus crétins (ceux dits mécaniques comme le kart, le motocyclisme, le "sport" automobile, etc.).
La jeune fille, quant à elle, est immolée, sacrifiée, prise dans un double bind d’Inde dingue : entre une brute épaisse et un lourdaud, entre son futur (en l’occurrence, elle semble hésiter, un moment tentée par la fugue, se disant alors qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras) mari (qui incarne la tradition) et son présent (et imprésentable, celui-ci étant dès le départ grillé auprès du pater familias, boutiquier, proprio ou gérant d’un drugstore-pharmacy, personnage ugotognazien, albertosordien ou aldomaccionesque, apparemment soupe-au-lait qui, pour signifier la contrariété, roule ostensiblement des yeux, juge les enfants de la deuxième génération indo-british pervertis, gâtés, voire dégénérés, et ne se laisse pas impressionner outre mesure par les Porsche noires de ces fils-à-papas) prétendant, pas très reluisant, certes, au premier abord, du moins, qui plus est, macho, mais qui, ouf ! saura séduire la jouvencelle par ses dons artistiques inattendus et sa pratique étonnante de la musique (piano, surtout, mandoline, accessoirement, chant, humour, castagnettes, cognac, tango, petites pépées, et plus si affinités). Sans parler de son sens de l’auto-dérision (make’m laugh !) et de ses audacieuses tenues tyroliennes. Ce qui est bien avec le spectacle, c’est que le costume finit toujours par l’emporter sur la coutume.
Le thème shakespearien de l’amour empêché, réprimé, repoussé (parfois repoussant), différé se mâtine à celui mozartien de l’enlèvement au sérail de la jeune fiancée qui, avec celui, duchampien, de La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, semble constituer un sujet de discorde opposant générations, Inde et Occident, enracinés (sédentaires) et nomades (tziganes du Nord-Ouest de l’Inde, au sens de Latcho Drom). Le rapt de l’épousée, acte tout ce qu’il y a de plus anti-social au départ, dont on trouve trace en Méditerranée, en particulier en Sicile et en Corse (cf. Colomba), est apparemment aussi une coutume romantico-rom (à ce titre respectable), comme l’attestent les poèmes andalous et les pièces de théâtre de Lorca. Le père du héros prononce deux phrases qui auraient pu être extraites du Romancero gitano : « On ne contemple pas la lune, on la décroche. L’épouse est à qui l’enlève. » La bagarre finale (If you’re looking for trouble...), style western-spaghetti, aux coups passant au minimum à un mètre de ler cible, aux bruitages hyperboliques inspirés par les chefs d’œuvre de Bud Spencer et de Terence Hill, est déjà une scène d’anthologie. On est loin du sérieux, du film d’auteur à la française. Le casting lui-même est anti-naturaliste : le comédien au crâne un peu dégarni qui joue le rôle du père du héros a, grosso modo, le même âge que lui...
La deuxième partie du film nous réconcilie avec la magie du cinéma indien, sa démesure mélodramatique, sa nostalgie trouble (la scène du retour au pays en train s’accompagne des paroles d’une charmante chanson populaire : « Reviens de voyage, ton pays te réclame avec ardeur »), sa déconstruction esthétique et technique du cinéma hollywoodien (les focales approximatives du cinemascope qui font littéralement se gondoler le train, par exemple) ou même de celui déjà au second degré de Cinecittà (panoramiques saccadés, brusques coups de zooms typiquement années 70), ses règles assez floues en matière chorégraphique (mélangeant sans complexe figures de katak, d’arts martiaux, de voguing, de pantomime) ou vestimentaire (à chaque plan, le jeune premier étrenne une nouvelle chemise en coton, coupée sur mesure et portée de façon décontrac’, par-dessus le pantalon).
Ma critique du film : Moi j'ai bien aimé, l'histoire, la musique, les acteurs, c'est un classique quoi !!! Les mimike de srk commencent à me souler c'est toujours les memes. Mais également tjrs il joue toujours le meme personnage dans la plupart de ses films ; le gentil rigolo avec tjrs une pointe d humour. Kajol est sublime elle est toute maigre et toute jeune. On debut on voit Karan Johar qui joue l'ami de Srk, je l'avais pas reconnu. La scène emouvant pour moi c'est celle des combats car ca faisait longtemps que je n'ai vu les scène de combats dans une histoire d'amour. Par contre j'ai trouvé ca injuste quand meme pour la famille du marié et aussi pour la soeur qui aime Srk. Bref, c'est un un bon film drole et sympatique.
Ma note : 7/10
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