Saawariya au cinéma le 29 juillet 2009

Le réalisateur de Devdas revient avec Saawariya, plus que jamais à la croisée des chemins entre Orient et Occident. D’une richesse visuelle exceptionnelle, ce très long film est comme embarrassé par son entremêlement culturel, limitant une démesure prometteuse. Saawariya dans nos salles francaises le 29 Juillet 2009
Résumé : Artiste vagabond et doux idéaliste, Raj arrive dans une ville rêvée, entourée de montagnes, drapée de brume et enveloppée de magie. Lors d’une nuit étoilée, il remarque une jeune femme voilée de noir qui se tient seule sur un pont. C’est Sakina, mélancolique et mystérieuse, dont il tombe amoureux. Tentant de la séduire, le jeune homme découvre peu à peu le secret dissimulé dans le cœur de Sakina. Tous deux s’embarquent alors pour un voyage de romance, de désir et de passion...
Il paraît que Saawariya est inspiré d'une nouvelle de Dostoïevsky. En dehors d'une forme d'outrance chez les personnages, la relation n'est pas évidente. Esthétiquement, on pense bien plus à des emprunts occidentaux du côté de Moulin Rouge ou Ballroom Dancing. L'intrigue, qui confronte dans un premier temps un nouvel arrivant naïf à une prostituée délurée, nous fait d'ailleurs croire à une adaptation du film de Baz Luhrmann. L'histoire s'éloigne vite de cette référence, en revanche l'esthétique clinquante du Bollywood possède bel et bien cette tendance pas si évidemment orientale. Le film, placé immédiatement sous le signe de l'onirisme, évoque même le carton pâte de Tim Burton. Bref, l'extravagance esthétique n'est pas seulement le fruit des dorures et clochettes orientales mais d'autres influences qui nous font croire à un renouvellement via ce film hybride.
Reconnaissons que la plupart des scènes sont des tableaux bluffants entre David LaChapelle et Pierre et Gilles pour trouver un équivalent kitsch occidental contemporain. Enseignes scintillantes, poses des acteurs, lumière et photographie très léchées...Des cartes postales esthétisées à l'extrême. Rien que pour cela, Saawariya vaut le détour. Il faut tout de même accepter de passer 2h20 en salle pour beaucoup, beaucoup de longueurs. Bollywood n'a jamais cherché à faire bref, ce film ne fait que confirmer cette habitude : le tableau « Entracte » apparaît alors qu'on croit toucher à la fin. Quand on vient chercher du divertissement, ce manque de rythme est assez fatal.
On regrette aussi que le film donne si peu lieu à du grand spectacle musical avec danseuses et clochettes à foison. On savoure donc le numéro de l'amie prostituée Gulabji. Chants haut perchés, saris multicolores, bijoux en quantité, regards langoureux et subtils déhanchés... Sur les fauteuils rouges du cinéma, les derrières se trémoussent. Mais la plupart des passages de comédie musicale limitent leur aspect typique. Comme pour se détacher de la tradition, la mise en scène perd de sa naïveté, comme si elle adoptait une pensée plus occidentale, plus froide, moins emportée mais aussi moins entière. Ce mélange provoque un étrange décalage, l'anti-héroïsme de Raj est gênant car souvent plus ridicule que touchant. Certaines scènes cherchent de façon évidente l'émotion hollywoodienne mais dans un style totalement dépassé et très lourd (violons, gros plans sur le visage tendu d'émotion...). Cet étrange melting-pot culturel n'est jamais abouti, limitant à la fois l'émotion et le divertissement.
Si les films Bollywood sont par définition une association entre des cultures typiquement orientales et occidentales, Saawariya montre une évolution forte avec cette mise en scène à la croisée des chemins, visuellement impressionnante, mais infructueuse dans son caractère divertissant.
critique du site dvdrama.
MA CRITIQUE DU FILM SAAWARIYA : http://bollywood.over-blog.net/article-29698530.html
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