Water au cinema

Publié le par fix

 

 
 
 
 
 
 
 
Water est le troisième volet de la trilogie réalisée par Deepa Mehta avec Fire (1996) et Earth (1998).

Dans les années 30, alors que l'Inde se bat contre les Britanniques pour obtenir son indépendance, la condition des veuves restent précaires et elles sont forcées de travailler et pour certaines de se prostituer. On découvre cet univers pesant par le biais de dl'incursion d'une jeune veuve. Chuyia encore enfant est laissée par son père dans un ashram (maison de veuves). Elle se lie d'amitié avec Kalyani, l'unique veuve non dépourvue de sa chevelure (et pour cause, elle se prostitue pour faire vivre les femmes du ashram). Kalyani (Lisa Ray) va briser son statut de veuve en tombant amoureuse d'un brâhman, Narayan (John Abraham).

 

 

Préparez-vous à embarquer pour un voyage qui étanchera votre soif. Water ne vous laissera en aucun cas perméable à sa douche. Vous sortirez imbibé par la teneur de cet élixir. Après Fire et Earth, le dernier cru de la trilogie de Deepa Mehta nous immerge dans une atmosphère moite et étouffante. Au-delà, d’une calligraphie régulière des saris blancs, on s’immisce dans l’intimité de femmes aux crânes rasées. Les imageries sont fortes et saisissantes. Deepa Mehta capture l’instant, une faille entre un malaise oppressant teinté de sublime. Avec subtilité on s’infiltre au sein des souffrances et des joies de ces femmes.

S’abreuvant d’un sujet houleux : le veuvage en Inde, Deepa Mehta place son intrigue à une période cruciale, 1938, époque marquée par l’ère Gandhi. Dans les méandres du film, s’écoule ainsi les préceptes et idéaux du Mahatma par le biais de son avatar Narayan (John Abraham). Mais une autre voix inonde le film, celle de la réalisatrice, qui, abasourdie 10 ans plutôt par la détresse d’une veuve, s’est plongée dans ce projet périlleux, où elle dut faire face aux menaces de mort et aux attaques. Echo des veuves, Deepa Mehta nous emmène dans leur ashram et nous projette dans cet enfer inacceptable où une échappatoire surgit avec l’arrivée de l’intrépide Chuyia. 8 ans et déjà veuve, elle ne souhaite guère vivre une existence dans le renoncement. Par le jeu, les liens se tissent et les figures fantomatiques des veuves retrouvent vie à son contact.

Water est au même titre que le Taj Mahal, « une larme sur la joue du temps » (dixit R. Tagore). C’est avec virtuosité et grâce que Deepa Mehta, assemble les nuances de coloris et compose chaque plan en un tableau. Hymne à la vie, description corrosive d’une condition devenue identité, elle nous expose le chemin de croix infligé depuis des millénaires aux femmes. Les veuves hindoues sont écartées de la vie sociale et poussées à l’ostracisme. Elles subissent une ségrégation silencieuse, visible par leur étoffe blanche. Leur sari blanc a pour fonction de séparer, d’avertir le passant qui croise une veuve de son statut. Ce suaire revêt le sens de la mort, de la malédiction et de la faute grave. La veuve représente dès lors la perte du Sowbhagya, la bonne fortune et est assimilée au mauvais œil.

Deepa Mehta, révèle ici les conditions de vie des veuves dictées par les préceptes de textes religieux. Fardeau, tare d’une nation, elles sont devenues le symbole des travers d’un pays. Avec Chuyia, ce sont les croyances ancestrales qui sont dénoncées. La famille l’abandonne par tradition. Elle est synonyme de malédiction et mourir sur les rives du Gange lui assurera son salut. Kalyani dévoile les dessous de la prostitution et suggère ceux du « système Sevadasi » (toujours actuel dans certains bhajanashrams) dans lequel un service rendu à un riche ou à un homme de pouvoir est vu comme un acte de piété. Enfin, Narayan révèle une politique corrompue qui ferme les yeux sur le sort des veuves à des fins économiques, n’ayant pas ainsi à leur verser de pension.

Water émerge de ses eaux troubles et profondes un mélange de stars étonnantes issues de plusieurs générations avec notamment de grandes actrices comme Seema Biswas (Bandit Queen) et un monument du cinéma hindi : Waheeda Rehman (Pyaasa pour ne citer que lui). Water exulte par l’interprétation exceptionnelle et poignante de ses comédiens.

D’autre part, la musique aérienne et enivrante de A.R. Rahman, rythme au clapotis des larmes de pluie versées, les vies des veuves, leur souvenir tenace, leur plaisir profane, apportant ainsi un souffle de fraîcheur. De même, l’eau enveloppe le film. Fil conducteur où tout converge, sacrée, divertissante et vitale, l’eau accompagne les hindous dans la mort. L’eau est ici l’air, la dernière source de vie palpable pour les veuves. Water reste un témoignage indispensable de la condition inhumaine de vie et du traitement des veuves hindoues dû à des préceptes caducs et une politique encline à abandonner ses veuves. Water est un film à voir sans modération.

 

 

 

 

 

Water au cinéma dans toute la france à partir du 6 septembre.

 

Les séances :

 

Paris
- MK2 Beaubourg (75003))
- Gaumont Opéra 1er (75002)
- La Bastille (75011)
- Lincoln (75008)
- Bienvenue Montparnasse (75015)
- St-André des Arts (75006)

Banlieue
- Conflans Cinéville

Province
- Marseille Variétés
- Lyon CNP Bellecour
- Aix En Provence Le Renoir
- Strasbourg Star
- Toulouse ABC
- Nantes Katorza
- Montpellier Diagonal Capitole
- Nancy Caméo
- Nice Rialto
- Besançon Plazza Victor Hugo
- Biarritz Le Royal
- Caen Lux
- Dijon Desvosges
- Grenoble Nef
- La Rochelle CGR Olympia
- Orléans Le Select
- Arles Méjan
- Lille Métropole
- Reims Opéra

 

 

 

Site Officiel : http://www.films-sans-frontieres.fr/water/

 

 

 

 

 

 

Rien qu'en voyant les premieres images de la bande annonce, je trouve ce film magnifique, le theme du film semble tres interessant, ca me fait penser à Chokher Bali. Par contre je me demande pourquoi avoir choisi comme actrice Lisa Ray j'aurais mis une actrice indienne, on dirait la que c'est une occidentale qui devient veuve et qui doit accepter son sort. J'ai trop hate de voir ce film au ciné mais il ne passe pas sur Bordeaux grrrrrrrrrrrr !!!!!

 

 

 

 

Publié dans NEWS BOLLYWOOD

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A
Bonjour, avez vous lu la critique du film "Black" dans le dernier Paris Match? Très tres positif !!! Peut-etre ça vaut la peine le publier ici?
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T
 <br />            Moi non plus il ne m'inspirait pas à la base, mais je ne regrette pas du tout d'avoir été le voir. C'est un très beau film, très touchant, avec bp de sensibilité et de sobriété, qui nous montre la condition des veuves en Inde. Lisa Ray est vraiment magnifique et joue de façon très juste, sans en faire trop. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu un film aussi bon. Les images sont belles et la musique de A.R Rehman envoutante. Si vous aimez les films lents, qui ont du coeur, courrez le voir.
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J
pour une fois qu'un film indien est diffusé dans une salle marseillaise. dommage que ce film ne m'inspire pas!!!!!!!
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